Le Protestantisme à Bordeaux depuis la Réforme

A Bordeaux, comme ailleurs, le protestantisme n’est guère connu. Cela peut s’expliquer par sa faible importance numérique et pour bien d’autres raisons.

 

Cependant, le protestantisme s’est enraciné à Bordeaux dès le début de la Réforme. Bien que sous forme d’une minorité peu importante numériquement, il était influent socialement.

 

Si l’histoire du protestantisme bordelais vous intéresse, nous vous invitons à lire l’excellent ouvrage
LES PROTESTANTS ET BORDEAUX de Séverine Pacteau de Luze paru aux Éditions Mollat.

 

Par ailleurs, si l’histoire mémorielle vous intéresse, nous vous invitons à consulter notre page consacrée au cimetière protestant de Bordeaux.

 

Au XVIème siècle

Gravure de l'Edit de Nantes
Gravure figurant la signature de l’Édit de Nantes par le roi de France Henri IV

Les idées de la Réforme, connues à Bordeaux avant 1525, suscitent immédiatement l’intérêt des milieux religieux et parlementaires, et sont diffusées par le Collège de Guyenne.

La première église est dressée en 1560 ; animée par deux pasteurs, elle comprend trois lieux de culte dont un en ville (Maison du Président de Carle).

Cette affirmation publique nourrit l’hostilité des catholiques et celle des jurats et débouche en octobre 1572 sur la « Saint-Barthélémy bordelaise » qui fit 250 victimes.

L’Edit de Nantes (1598) mit un terme provisoire à cet affrontement ; le culte public fut autorisé et un temple construit, hors des murs de la ville, à Bègles.

 

Au XVIIème siècle

Illustration du Temple Protestant de Bègles
Illustration du Temple de Bègles

Mais dès 1660, les vexations contre les protestants reprirent : interdiction d’accéder à certains métiers et entraves à l’exercice de la religion.

Malgré les mises en garde des intendants qui insistaient sur la contribution des protestants français et étrangers à la vie économique de la ville, la révocation de l’Edit de Nantes (1685) entraîna la destruction du temple, l’exil d’un certain nombre de membres de la communauté, l’abjuration ou l’entrée en clandestinité de la plupart d’entre eux.

 

Au XVIIIème siècle

Visuel gravure du vieux Bordeaux
Illustration du Port de Bordeaux

Néanmoins, après 1753, l’Eglise se reconstitue : elle célèbre ses cultes dans un chai aux Chartrons, et dans un local de la rue du Muguet, et reprend ses activités spirituelles et sociales.

Elle compte parmi ses membres des familles influentes du négoce.

 

Au XIXème siècle

Temple Protestant des Chartrons
Illustration du Temple des Chartrons

A partir du XIXè siècle, le protestantisme est libre ; les lieux de culte se multiplient (temples du Hâ et des Chartrons) tout comme les œuvres d’éducation (huit écoles) ou d’assistance : Diaconat, Société de bienfaisance des dames, Asile de vieillards, Maison de santé, Association Marie de Luze.

Les protestants bordelais s’engagent dans la vie civique et participent à des actions interconfessionnelles publiques et privées.

 

Au XXème siècle

ancien logo du Foyer Fraternel
Ancien logo du Foyer Fraternel

Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui ; non seulement l’Église de Bordeaux a multiplié ses lieux de culte : Rive droite, Talence, Caudéran, Mérignac, et créé autour de chacun de ces pôles, des activités d’instruction religieuse, de culture biblique, des mouvements de jeunesse, mais elle a aussi étendu le réseau de ses œuvres sociales (Foyer pour tous, Foyer Fraternel).

Elle a également multiplié les relations avec les autres composantes du protestantisme, et les relations œcuméniques. Dans les vingt dernières années, prenant acte des mutations démographiques et des nouvelles aspirations religieuses, l’Église de Bordeaux a ouvert le Centre Hâ 32, un lieu de rencontres et de débats au cœur de la ville ; de même, elle a redéfini les missions et les compétences des œuvres qu’elle a fondées.

Petite numériquement (moins de 7000 personnes), l’Église réformée de Bordeaux assume, dans la fidélité, une histoire marquée par la volonté permanente de présence et de service dans la cité.

 

En ce XXIème siècle

Logo de l'Eglise Protestante Unie de France

La création de l’Église Protestante Unie de France

 

Créée en 2012, l’Église Protestante Unie de France est l’union de l’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France.

Ces deux Églises sont nées au XVIe siècle dans le mouvement de la Réforme. Elles sont membres fondateurs de la Fédération protestante de France (1905).

Cette nouvelle Église s’inscrit dans une dynamique commune, en vue d’un meilleur témoignage et de service de l’Évangile sein de la société française. Elle prend en compte le plus largement possible la diversité existant dans les traditions luthérienne et réformée avec la volonté de s’en enrichir.

L’Église protestante unie de France a été construite au travers d’un processus de cinq années. Elle était déjà partiellement vécue, en particulier au travers de la formation commune des pasteurs (depuis 1969) et de la possibilité d’exercer le ministère pastoral dans l’une ou l’autre Église.

 

En France, 1,5 million de personnes se disent protestantes de conviction (soit 2,3% de la population métropolitaine).

 

Le protestantisme contemporain se diversifie.

En France, les deux tiers de ses Églises et mouvements sont membres de la Fédération protestante de France, dont l’Église protestante unie fut cofondatrice (en 1905) et dont elle est la première Église en nombre de membres.

 

Le protestantisme évangélique (baptistes, pentecôtistes, etc.) est en croissance, en particulier grâce aux protestants venus d’outre-mer et de pays du Sud.

 

Le protestantisme luthérien et réformé se renouvelle : la création de l’Église protestante unie en 2012 en témoigne.

 

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